Solar Impulse : ne rêvons pas trop!

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Je ne peux m’empêcher de rapprocher le vol Bruxelles Paris effectué en juin 2011 par l’avion solaire du quasi pèlerinage qu’on me faisait faire dans les années 50 sur les falaises de Douvres sur les lieux où Louis Blériot avait atterri. Le point commun, le seul, est la prouesse technologique. Le vol de Blériot était prometteur, l’avenir de l’avion solaire paraît en revanche limité par des contraintes techniques aussi inviolables que le principe de la thermodynamique. Pour faire voler à 50 km/h une masse équivalente à celle d’une voiture, il a fallu un engin de l’envergure d’un avion des ligne. Même en améliorant le rendement des panneaux pour capter la totalité de l’énergie incidente, cela ne lèverait pas le blocage (voir l’interview de Paul Peeters dans ce dossier).

On rétorquera sans doute que cette critique est peu pertinente, car il s’agirait par ce coup d’éclat de montrer l’intérêt des énergies renouvelables. En effet si celle-ci permettent de traiter le problème le plus ardu (faire voler les avions sans émettre de gaz à effet de serre) elles peuvent tout résoudre. Après avoir vanté récemment les mérites de futures énergies issues de la biomasse (les algues, le jatropha…), pistes abandonnées au bout de quelques des années pour des raisons techniques, environnementales, sociétales (concurrence avec l’alimentation), on insisterait maintenant sur le solaire, continuant ainsi à promouvoir l’idée que l’on trouvera de l’énergie décarbonée permettant de maintenir nos modes de vie actuels, voire en l’occurrence de voyager plus. La sobriété énergétique ce serait pour l’habitat et le reste, pas pour l’aviation.

Il est clair que l’on suscite ainsi de faux espoirs, notamment si l’on considère les échéances du problème. Les travaux du GIEC insistent sur le fait qu’il faut, au plus dans quelques années, commencer à réduire drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre, sauf à assumer les conséquences d’un changement climatique catastrophique et incidemment vivre dans un monde où les vacances à l’étranger risquent fort de ne pas être une préoccupation majeure de la population. Si l’on prend les perspectives des scientifiques au sérieux, la question de savoir si à la fin du siècle on arrivera à faire voler une flotte d’avions avec de l’énergie décarbonée est de peu d’intérêt. Plus encore, l’objectif mis en avant par les acteurs de l’aviation de continuer à croître, mais sans émettre à partir de 2020 plus de gaz à effet de serre qu’auparavant est également inacceptable car il s’agit de réduire drastiquement les émissions dans l’ensemble des secteurs, ce dont l’aviation ne peut s’exonérer.

On peut aussi, et c’est bien le cas actuellement, ignorer les alertes, privilégier le court terme et faire miroiter des lendemains qui chantent tout à fait hypothétiques. Dans le contexte actuel des négociations sur le changement climatique, marqué par un renoncement de fait à maintenir la hausse des températures en dessous de 2 °C, ce scénario est le plus probable. Il est d’ailleurs économiquement tout à fait réalisable. La fin du pétrole n’y fera pas obstacle. D’abord parce que l’aviation peut se permettre de payer le pétrole plus cher que la plupart des autres activités, et aura donc droit à la dernière goutte de ce liquide. Ensuite parce que les énergies de substitution carbonées ne manquent pas : du charbon au gaz de schiste, il y a largement de quoi faire voler les avions, d’autant que les coûts d’extraction sont tout à fait acceptables pour une telle activité. L’avenir est donc presque radieux si l’on ignore les contraintes du climat et de l’environnement (gaz de schiste…). Jusqu’à quand ? « Après moi le déluge » disait Louis XV.

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