Edito n°4 : la bataille de l’air

Après être mise en doute sur son option nucléaire, la France devra-t-elle discuter son tropisme aéronautique ? Pour l’aviation les affaires reprennent de plus belle nous dit-on en ces temps de salon du Bourget : 700 commandes pour Airbus, en attendant que les Chinois inondent le marché… Et les émissions de gaz à effet de serre dans tout cela ? Elles paraissent faibles si l’on considère le seul CO2, mais sont potentiellement beaucoup plus fortes et incertaines si on cherche à mesurer le forçage radiatif de l’aviation, c’est-à-dire la totalité de sa contribution au réchauffement, et surtout sa croissance (voir l’interview de Paul Peeters dans ce dossier). L’aviation est une des sources d’émissions de GES qui se développe le plus rapidement.

L’industrie du transport aérien n’a pas de solution claire à proposer. Les agrocarburants ? Qui osera consacrer plusieurs centaines d’hectare à un aller-retour à New-York ? L’avion solaire ? Au mieux un doux rêve, au pire un prétexte à ne pas agir. Les permis négociables ? Empêcher les autres secteurs d’émettre pour permettre à une minorité de voyager ne tiendrait pas longtemps.

On connaît la phrase de Churchill sur les aviateurs de la bataille d’Angleterre : « Jamais autant n’ont été redevables à un si petit nombre ». Sachant que 5% des Français représentent 50% des émissions du tourisme, les temps ne seraient-ils pas à suggérer que « Jamais autant n’ont été mis en danger par un si petit nombre » ?

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