Les AASQA prennent la mesure du climat

La loi confie aux AASQA (associations agréées de surveillance de la qualité de l’air) la mise en œuvre de la surveillance de la qualité de l’air et l’information du public dans les territoires. En d’autres termes, elles mesurent, inventorient, modélisent, prévoient, réalisent des études pour évaluer les actions d’amélioration de la qualité de l’air et pour faire progresser les connaissances. Ces organismes, présents dans toutes les régions de France, sont ainsi connus pour surveiller un certain nombre de polluants règlementés (ozone, particules, oxydes d’azote et de soufre, benzène, etc.) et délivrer régulièrement des « bulletins de santé » de notre air.

Mais au delà de cette « mission officielle », leur champ d’intervention s’étend dans deux autres directions importantes : des enjeux émergents d’une part comme les odeurs, les pollens, les pesticides, l’air intérieur, etc., qui ne font pas encore l’objet de réglementations en termes de mesure et surveillance, et les gaz à effet de serre d’autre part. Depuis longtemps déjà, les AASQA réalisent des inventaires des émissions de GES (les « polluants du climat ») au même titre que les inventaires de polluants « traditionnels » ou polluants de l’air. Les outils et savoir-faire développés pour leur mission première le permettant, cette évolution était somme toute assez logique (voir interview de Dominique Robin, Air PACA). Les AASQA et leur fédération ATMO France travaillent d’ailleurs actuellement à améliorer ces inventaires territoriaux d’émissions de GES afin de les inscrire dans des standards internationaux. Cette évolution semble une piste intéressante pour renforcer le lien entre les territoires et le niveau national dans l’effort de réduction des émissions auquel la France s’est engagée devant la communauté internationale.

Concrètement, les AASQA sont de plus en plus présentes aux côtés des collectivités locales et sont depuis des années des partenaires bien identifiés des démarches comme les PCET mais aussi les plans locaux d’urbanisme ou les plans de déplacement par exemple. Elle renforcent également leur présence auprès d’autres acteurs territoriaux comme les chambres d’agriculture, afin d’assurer une meilleure prise en compte des enjeux de qualité de l’air dans l’ensemble des politiques et actions locales.

Pourtant, Bernard Garnier, Président d’ATMO France, reste inquiet : l’intégration des enjeux de qualité de l’air dans les politiques climatiques et énergétiques n’est pas encore suffisamment effective. C’est pourtant la voie à suivre absolument pour éviter des actions contre-productives ou préjudiciables à notre santé et notre environnement. C’est pourquoi il continue à rappeler cette nécessaire intégration et a profité de la mobilisation pour le climat avec la COP21 à Paris pour marteler son message : Sommet mondial Climat et Territoires des 1er et 2 juillet 2015 à Lyon, Sommet des élus locaux pour le climat le 4 décembre à Paris, 17e Assises Européennes de la Transition Energétique fin janvier 2016 à Dunkerque…

Pour en savoir plus…

Lire l’interview de Bernard Garnier dans Le Monde ou bien le télécharger.

Consulter le dossier de presse d’ATMO France pour le Sommet mondial Climat et Territoires des 1er et 2 juillet 2015 à Lyon.

Découvrez comment des AASQA ont collaboré avec des collectivités pour intégrer la qualité de l’air dans les politiques climat-énergie en consultant les présentations données lors de la 17e édition des Assises Européennes de la Transition Energétique fin janvier 2016 à Dunkerque sur le thème « La société et les territoires en mouvement pour la transition énergétique ! ».

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