Controverses climatiques et médiatisation : la fin du règne des climato-sceptiques ?

De manière surprenante, même les climato-sceptiques ont-eu des avantages : le sujet n’a jamais été autant évoqué que pendant cette période de controverse. La question qu’il a soulevée nous occupe ici aussi : les scientifiques du GIEC ont-ils aussi pour mission de communiquer ? Peut-on demander à des experts de vulgariser leur sujet de prédilection avec le risque que cette vulgarisation soit manipulable ? Ou plus simplement, comment parler de science à la télévision ?

En tout cas, être climato-sceptique n’est plus un hobby à marquer sur un CV. Depuis la déception suscitée par le sommet de Copenhague, les controverses sur le climat sont allées bon train sur cette année 2010. Retour sur un débat heureusement clos aujourd’hui.

Dans la famille climato-sceptique, on trouve des scientifiques conservateurs, familiers des lobbys industriels, d’autres qui dézinguent le GIEC parce qu’ils n’y retrouvent pas leurs conceptions du réchauffement climatique ou parce qu’ils n’y ont pas été invités, d’autres encore qui voient dans la controverse un moyen de rester en scène. Leur credo : le changement climatique n’existe pas (avec plus ou moins de nuance).

Hautement médiatisées, les attaques climato-sceptiques ont toutes été scientifiquement réfutées. Après plusieurs débats, les climatologues ont décidé d’apporter une réponse à ces attaques : réponse institutionnelle et scientifique puisque plus de 600 chercheurs ont contribué à fournir le fameux rapport de l’académie des sciences à Valérie Pécresse alors ministre de l’éducation et de la recherche. La principale conclusion du rapport confirme l‘augmentation du  réchauffement climatique et l’attribue principalement à l’augmentation du CO2 due à l’activité humaine. Voté à l’unanimité et donc par Claude Allègre en personne !

Réfuter les thèses de Claude Allègre et ses condisciples a partiellement atténué le débat. Par la suite, Météo France a également publié un argumentaire scientifique pour attester de la véracité du réchauffement climatique. Puis vint le tour de l’ONERC (observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) qui a également appuyé le rapport de l’académie des sciences. Des ONG comme le RAC (réseau Action Climat) ont apporté leur pierre à l’édifice.  La polémique autour de ces questions s’est ensuite calmée, à tel point que Claude Allègre est revenu sur certaines phrases de son livre « l’imposture climatique ».

Dans un ouvrage paru en mai 2010, Merchants of doubt, Naomi Oreskes, professeur d’histoire des sciences de la terre à l’Université de San Diego et Erik Conway, historien à la Nasa, décrivent le rôle des think-tanks américains dans la diffusion du climato-scepticisme aux Etats-Unis. «La négation du réchauffement climatique s’inscrit dans une longue tradition de lobbying, lié à des positions idéologiques et non scientifiques», souligne Naomi Oreskes.

Pour aller plus loin :

Dossier  TERRA ECO : Climato-sceptiques, comprendre et dépasser la polémique

Cycle de conférences organisées par l’ENS (compte-rendu) : « Changement climatique : des questions scientifiques aux enjeux sociétaux »

La communication dans tous ses états

Question de style

 Le changement climatique se démocratise. La sensibilisation fait son œuvre mais la question reste posée : quel est le meilleur moyen de communiquer sur ce thème, et dans quel but ? Le changement climatique a fait et fera couler beaucoup d’encre : de manière drôle, de manière discrète, à grand renfort de contre-vérité, en simplifiant, en apprenant ou en montrant.

Faire rire ou être pédagogique, choquer, manipuler, ces styles ne sont pas forcément antagonistes mais en tous cas bien présents dans l’univers médiatique.

Faire rire

La BD « death of a climate bill » de David Roberts et Thomas Pitilli propose un format ludique pour un contenu dramatique, à propos du projet de loi climat américaine de 2007.

La nouvelle campagne de Greenpeace « petrol addict » joue sur la caricature. Désopilant ou désobligeant ?

Faire comprendre

Greenpeace (encore eux) dénonce la politique énergivore de facebook à travers le dessin animé : « Facebook : Greenpeace vous invite à abandonner le charbon ». Le réseau social, qui nécessite de gros besoins de stockage et de traitement de l’information, est pour l’instant alimenté en partie par des centrales au charbon. Greenpeace a ouvert un compte facebook, qui réunit plus de 600 000 fans, afin que le réseau social se mette à fonctionner aux énergies renouvelables. J’aime ou j’aime pas ? Plus de news sur la campagne de Greenpeace.

Faire croire

Terra Eco dénonce la propagande d’Areva. Pour rafraichir l’image de son entreprise, Areva réinvente le nucléaire pour nous faire croire qu’il est bel et bien une énergie propre. Areva nous retenterait le coup de GDF et du gaz « Naturel » (en fait d’origine fossile) ?

 

Faire peur

La campagne 10 :10 britannique contre le réchauffement climatique a été déprogrammée des cinémas. Un style « gore » ( et non « Al Gore ») trop second degré ? Un clin d’œil légèrement trop appuyé au risque d’écolo-fascisme ?

Pour sensibiliser aux risques environnementaux de prendre l’avion, le réseau plane stupid envoi en l’air des ours polaires…peu consensuel.

Les régions et le climat

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Avec l’échec des Etats à se mettre d’accord à Copenhague et l’abandon de la taxe carbone, les politiques climatiques ont sérieusement besoin de se tourner vers de nouveaux acteurs. Les Régions, à travers leurs compétences et par la taille de leur territoire, paraissent bien placées pour agir. Chacune à leur rythme, les régions innovent, défrichent de nouveaux terrains d’action, mais manquent d’outils et de méthodes.

Atténuer ou s’adapter ? Le Grenelle confirme le rôle moteur des régions avec les schémas régionaux du climat, de l’air et de l’énergie qui devront être élaborés pour la fin 2012 qui donneront, espérons-le, un cadre plus clair pour ces travaux. Car si l’approche d’atténuation commence à être traitée, l’approche d’adaptation aux impacts du changement climatique n’en est qu’à ses débuts.

Les membres d’AIR publient des article sur ce thème.

  • Ghislain Dubois et Jean Paul Ceron, « Les Régions, des relais pour les politiques climatiques ? » Article paru dans Pouvoirs Locaux en juin 2010. Télécharger l’article
  • Marie Lootvoet, Jean Paul Ceron et Ghislain Dubois, « Les Régions, prêtes à s’adapter ? ». Article paru dans Vertitude n°35 Hors-Série 2010 Développement Durable d’Environnement & Technique. Télécharger l’article