Journée santé publique et changement climatique

Dans le cadre du congrès international de santé publique EUPHA (European Public Health Association) qui se tiendra à Marseille du 20 au 23 novembre 2019, AIR Climat et le GREC-SUD, en partenariat avec la Région SUD Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’ARS, ont organisé le 20 novembre 2019 une journée de pré-conférence sur le thème « santé publique et changement climatique ».

Retrouvez le programme et les présentations sur le site du GREC-SUD.

AIR Climat devient adhérente au réseau Culture Science de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur !

A.I.R. Climat fait désormais partie du réseau régional « Culture science Provence-Alpes-Côte d’Azur ». Son adhésion a été entérinée le 11 avril 2019 par le Comité État-Région pour la culture scientifique, technique et industrielle (Cercsti).
Cette adhésion permet à l’association d’entrer dans un réseau d’acteurs régionaux (universités, observatoires, associations, fondations, entreprises…) qui mettent tout en œuvre pour diffuser une culture scientifique de qualité accessible à tous. L’association s’appuiera notamment sur le GREC-SUD pour proposer des animations et manifestations favorisant la diffusion et la valorisation des connaissances.
Pour découvrir l’agenda des événements et actions du réseau régional, consultez le site internet d’Echosciences PACA : www.echosciences-paca.fr

Initiatives récentes et exemplaires


  • Maîtrise de l’Energie : et si on impliquait les copropriétés ?

Agir collectivement face au changement climatique reste une initiative délicate, c’est pourquoi TEC et le GERES se sont investis dans un projet visant à faciliter le passage à l’acte des petites copropriétés. Ce projet devrait permettre un premier pas vers des actions de rénovation énergétique et préfigurer un bouquet de services.

=> Plus d’informations.

  • Tourisme et carbone : quel bilan ?

Le tourisme en Provence-Alpes Côte d’Azur représente un emploi sur cinq et 11,4% du PIB de la région. Il a ainsi semblé pertinent à l’Observatoire Régional de l’Energie d’évaluer l’impact énergétique et les émissions de gaz à effet de serre des activités caractéristiques de ce secteur dans la région. Cette mission a été confiée à TEC et FTC.

=> Retrouvez la synthèse et le rapport complet de l’étude sur le site de l’ORE.

  • Changement de climat dans les Bouches-du-Rhône

Cette étude, menée par TEC conseil et le CERFACS, a eu pour objectifs d’éclairer la décision publique sur les effets attendus du changement climatique sur le territoire des Bouches-du-Rhône. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du PCET départemental. A partir du développement de projections de dernière génération et d’une méthode participative très innovante, elle a fourni une première vision d’ensemble des impacts, des vulnérabilités et des pistes d’adaptation envisageables.

=> Consultez la synthèse de l’étude.

  • Premio, le smart grid provençal

Premio vise à expérimenter un ensemble de méthodes et d’équipements permettant d’équilibrer l’offre et la demande d’énergie, avec un démonstrateur sur le territoire de Lambesc (13). TEC et le GERES ont accompagné le volet MdE et coaching carbone de ce projet.

=> Plus d’informations.

Penser local, agir global et inversement


  • Bienvenue à ENERCOOP PACA !

Enercoop PACA sera officiellement créée le 26 mars 2013. TEC, qui se fournit chez Enercoop depuis le 1er janvier, deviendra à cette occasion sociétaire et partenaire de la coopérative locale.

  • « Copains comme cochons ! »

CO2 solidaire, un pionnier de la compensation carbone né à Aubagne, est copain avec AIR.

  • Première ALE en PACA !

Marseille Provence Métropole se félicite du lancement de la première Agence Locale de l’Energie en PACA.

Nous y étions, nous y serons


  • Atelier franco-wallon sur la vulnérabilité au CC

Organisé en partenariat avec l’ONERC, l’ADEME et l’Agence Wallonne de l’Air et du Climat  (AWAC) ont effectué une présentation comparée de leur outil de diagnostic de vulnérabilités des territoires et discuter des synergies et convergences possibles. Cette réunion était animée par TEC et ECORES qui ont participé à la réalisation de l’outil wallon.
  • Face aux citoyens : sensibiliser et comprendre les enjeux du changement climatique

Ghislain Dubois a répondu aux questions des citoyens de la région PACA sur la question du changement climatique et de l’adaptation.

<Voir la vidéo >

  • Workshop européen sur les prévisions climatiques saisonnières

Dans le cadre du programme de recherche FP7 EUPORIAS, Adeline Cauchy a participé au premier workshop des parties prenantes qui s’est tenu à Rime le 22 janvier. Cet atelier visait à faire émerger les premiers besoins des utilisateurs sectoriels (eau, énergie, forêt, bâtiment, santé) en matière d’informations climatiques saisonnières à décennales.

<le site du projet>

  • Workshop « Leisure mobility, international development and climate change »

Ghislain Dubois et Jean Paul Ceron participeront à ce workshop interdisciplinaire qui aura lieu à Oxford du 11 au 13 mars 2013.

programme du workshop

  • Workshop « Climate services providers and user needs »

Dans le cadre du projet EUPORIAS sur les prévisions climatiques saisonnières à décennales, Adeline Cauchy participera au xorkshop européen sur la thématique « fourniture de services climatiques et besoins des utilisateurs » qui aura lieu à De Bilt aux Pays Bas les 14 et 15 mars 2013.

=> NEWS : après avoir passé sa thèse d’économie Ghislain DUBOIS rejoint le conseil scientifique de la revue pollution atmosphérique pour développer les aspects liés au changement climatique.

Interview : 3 questions for Paolo Ruti on the issues and perspectives of climate services

Since when do we talk about climate services and what justifies this need?

Climate services are under development. The Third World Climate Conference (WCC3, 2009) put forward a strong recommendation for the development of a global network of Climate Service centers. At European level, CLIMRUN and ECLISE (a twin project) will provide a first base for establishing a research and communication protocol by which climate information is transferred from the science realm to the stakeholder application realm. This is the first fundamental step for well established Climate Services.

The Mediterranean is a bridge between European and African continents. Europe is developing a lot of research in quantifying the impact of climate variability and change in the next decades and in developing adaptation strategies. Africa is strongly affected by climate variability and change (i.e. the Sahelian drought episodes, the famines). The North-Africa is starting to face a new challenging period, it could be risky but if well governed it could produce a large added value for the Mediterranean community (both European and African side).

In the Energy sector the Mediterranean region will likely play a strategic role in Europe. Reliant Energy plans has been popular for saving money and lower electricity bills. Homeowners really are starting to switch to reliant energy plans to save more money. In order to limit GHG emissions, within the European Union (EU) framework there will be opportunities for trading renewable energy quotas among member states and to gain credit for electricity imported from renewable (especially solar and wind) sources in countries outside the EU. Several companies are working in the Mediterranean region and developing various forms of energy power plants (including wind, solar, solar-thermodynamic). Various host environments and climate locations need specific characterization of environmental parameters both for developing the plants and for managing on the long time period.

An other relevant example is the tourism sector. Tourism is a vital economic activity for all Mediterranean riparian and mountainous countries. Drawing upon their geographical location at the crossroads of three continents, Mediterranean countries attract 30% of global international tourism arrivals. In 2007, they received around 275 million international tourists. Being a job-creating and foreign currency- generating sector, international tourism is an important component of the countries’ economic development. However, the sustainability of this sector depends on  environmental impacts. If heat waves and summer temperatures increase, the attraction of Mediterranean regions could decrease favouring more northerly areas. Or winter tourism related to the skiing industry could also suffer tremendously from the projected decrease in snow cover and upward move of the snowline projected under warmer conditions.

Is there already exemplary initiatives? Some Initiatives that are more advanced than others?

It is an emerging issue and several activities are under development. US is starting to develop a good framework for climate services for developing countries (last international conference at IRI, October 2011, http://iccs.iri.columbia.edu/). At European level, we can mention notional centers which are running climate services programs (Hadley Center in UK and CSC in Germany). EU commission started two FP7 projects CLIMRUN and ECLISE. While at international level, WMO is developing a Global Framework for Climate Services, trying to facilitate regional forums in order to bring closer climate information and stake-holders.

On region of great interest for the climate services development is the Greater Mediterranean area, which is particularly important for two reasons. First, the Mediterranean is a recognized climate change hot-spot, i.e. a region particularly sensitive and vulnerable to global warming. Second, while a number of countries in Central and Northern Europe have already in place well developed climate service networks (e.g. the United Kingdom and Germany), no such network is available in the Mediterranean. CLIM-RUN is thus also intended to provide the seed for the formation of a Mediterranean basin-side climate service network which would eventually converge into a pan-European network.

How the CLIM-RUN project will contribute to design climate services ?

CLIM-RUN is based on  relevant case studies involving interdependent sectors, primarily tourism and energy, and natural hazards (wild fires) for representative target areas (mountainous regions, coastal areas, islands in Spain, France, Italy, Greece, Cyprus, Tunisia, Morocco). In CLIM-RUN we plan to follow a protocol in which the involvement and contribution of the scientific and stakeholder (policymakers, industry and city managers, etc.) communities proceeds at the same levels. This communication will take place through several lines of approach, such as targeted regional workshops, web-based material, case-study briefing notes and information sheets, questionnaires and face-to-face discussions. CLIM-RUN will develop a suite of web-based knowledge-sharing tools in order to guarantee a two-way stream of information. All the project will be based on the the stakeholder needs for the specific case studies..

The first expected impact of CLIM-RUN it “to improve the details and level of certainty of climate information including predictions/outlooks” which could be of substantial benefit to many climate sensitive sectors in the Mediterranean region in adapting to and mitigating the impacts of climate variability and change. This impact will be achieved by a substantial strengthening of the cooperation between the climate research community and stakeholder experts in the Mediterranean region, specifically for the tourism and energy sectors. The second expected impact of CLIM-RUN is “the identification of relevant climate services, in particular for the Energy and Tourism sectors”. The data-base for climate and sector parameters and the transfer-functions developed in the project will be a of value for new private or international initiatives devoted to the development of relevant climate services.  The CLIM-RUN project will provide extensive opportunities for advanced on-the-job training at the doctoral and post-doctoral level, across a wide range of disciplines in regional climate modeling and assessment, advanced statistical methods, energy and tourism applications, data mining. The project will have a strong focus on the development and training for a new professional expertise lying at the interface between climate science and stakeholder application.

Last but not least, CLIMRUN can facilitate the development of a Mediterranean Climate Forum bridging the gap between Europe and Africa. A dreamer would say that the Mediterranean community can provide good answers to the global economic crisis.

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Interview : 3 questions à Paolo Ruti

Dr. Paolo M Ruti est le coordinateur du projet CLIMRUN (www.climrun.eu) et dirige le laboratoire de Climat et modélisation des impacts à l’ENEA (http://www.enea.it/it). Il répond à nos questions sur les enjeux et perspectives des services climatiques en région Méditerranéenne.

De quand date l’émergence des services climatiques et qu’est-ce qui en justifie le besoin ?

Le développement des services climatiques est en cours. La troisième conférence mondiale sur le climat (WCC3, 2009) a mis en exergue la nécessité de construire un réseau international de centres de services climatiques. Au niveau européen, les projets CLIMRUN et ECLISE devraient poser les bases des méthodologies de recherche et de communication permettant de transférer l’information climatique depuis la sphère scientifique vers les acteurs de terrain. Il s’agit d’une première étape nécessaire pour de développement de services climatiques performants.

La Méditerranée constitue le lien entre l’Europe et l’Afrique. L’Europe va effectuer de nombreux projets de recherche sur la quantification des impacts de la variabilité climatique et des changements envisagés dans les prochaines décennies ainsi que sur les stratégies d’adaptation. L’Afrique est, elle, fortement impactée par cette variabilité et menacée par le changement climatique (i.e. les épisodes de sécheresse au Sahel, les famines). L’Afrique du Nord qui connaît actuellement de profondes mutations politiques et socioéconomiques fait aussi face à de nouveaux challenges face au changement climatique. Si ce nouveau contexte est aussi source de risques, l’instauration d’une bonne gouvernance climatique de la zone pourrait être bénéfique pour l’ensemble de la Méditerranée en renforçant notamment  la coopération entre les deux rives de la Méditerranée.

Dans le secteur de l’énergie, la région méditerranéenne devrait jouer un rôle clé en Europe. Dans une optique d’atténuation des émissions de GES, le système européen d’échange de quotas d’énergies renouvelables permettra aux états membres d’acquérir des crédits en important de l’électricité de sources renouvelables (surtout solaire et éolienne) depuis des pays hors UE. Plusieurs entreprises travaillent déjà au développement d’unités de production de telles énergies (éolienne, solaire, solaire-thermodynamique). Elles on besoin d’une connaissance fine des paramètres environnementaux et climatiques locaux spécifiques pour concevoir ces unités et les gérer sur le long terme.

Le tourisme constitue un autre exemple parlant. Il s’agit d’un secteur économique essentiel pour tous les pays du bassin qui profitent de leur situation à la croisée de trois continents pour attirer 30% des arrivées touristiques internationales. En 2007, ils ont reçu environ 275 millions de touristes internationaux. Avec le potentiel d’emploi et d’entrée de devise qu’il représente, le tourisme est une composante importante du développement économique de ces pays. Pourtant, les impacts environnementaux de cette activité en menacent la soutenabilité. Si les vagues de chaleurs et les canicules estivales augmentent en intensité et en fréquence, l’attractivité de cette région pourrait diminuer au profit des destinations plus tempérées. Par ailleurs, le tourisme d’hiver basé sur le ski pourrait aussi souffrir de la baisse projetée de l’enneigement.

Existe-t-il déjà des initiatives exemplaires ?D démarches plus avancées que d’autres ?

Il s’agit d’un sujet émergeant. Les Etats-Unis commencent à développer un cadre intéressant pour les services climatiques à destination des pays en développement (dernière conférence internationale à IRI, octobre 2011, http://iccs.iri.columbia.edu/). Au niveau européen, il faut mentionner les instituts nationaux qui mènent des programmes de services climatiques (Hadley Center au Royaume-Uni et CSC en Allemagne). La Commission Européenne a lancé deux projets FP7 CLIMRUN et ECLISE. Au niveau international, l’Organisation météorologiques mondiale développement un cadre global pour les services climatiques, visant à encourager les démarches régionales afin d’assurer que l’information climatique répond réellement aux besoins des acteurs de terrain.

Le bassin méditerranéen constitue une région particulièrement intéressante pour le développement des services climatiques pour deux raisons. Tout d’abord, la Méditerranée est reconnue comme l’un des hot-spot du changement climatique, c’est-à-dire une zone particulièrement sensible et vulnérable aux impacts du réchauffement global. Ensuite, alors que certains pays du centre et du nord de l’Europe ont déjà mis en place des réseaux de services climatiques (Royaume-Unis et Allemagne), il n’existe pas de telles initiatives sur la région méditerranéenne. CLIM-RUN a donc vocation à faire émerger un réseau de services climatique en Méditerranée qui pourrait éventuellement évoluer vers ou intégrer un réseau pan-européen.

En quoi le projet CLIM-RUN va t-il contribuer à donner un contenu à la notion de services climatiques ?

CLIM-RUN est basé sur des études de cas ciblant des secteurs transversaux ou en interaction les uns avec les autres : tout d’abord le tourisme et l’énergie puis les risques naturels (feux de forêt) pour différents types de territoires (régions montagneuses, littoral, îles en Espagne, France, Italie, Grèce, Chypre, Tunisie et Maroc). Pour mener ce projet, nous avons prévu un cadre méthodologique permettant d’impliquer à la fois la communauté scientifique et les parties-prenantes (décideurs politiques, entreprises, autorités locales, etc.) au même niveau. Plusieurs outils permettront cette communication comme des ateliers régionaux thématiques, des outils web, des supports de présentation des études de cas, des questionnaires et des entretiens. CLIM-RUN développera en particulier un ensemble d’outils de partage en ligne pour garantir une circulation de l’information à double sens. Tout le projet est basé sur la compréhension des besoins des parties-prenantes.

Le premier résultat attendu de CLIM-RUN des « d’améliorer le niveau de détail et de certitude de l’information climatique, y compris des projections futures ». Cela représente un intérêt certain pour aider de nombreux secteurs particulièrement sensibles au climat à s’adapter aux impacts du changement climatique. Ce résultat ne pourra être atteint qu’en renforçant la coopération entre la communauté scientifique et les utilisateurs de l’information que sont les acteurs des pays méditerranées, en particulier sur les secteurs du tourisme et de l’énergie. Le second résultat attendu de CLIM-RUN est « l’identification des services climatiques pertinents, en particulier pour les secteurs de l’énergie et du tourisme ». La base de données des paramètres climatiques et sectoriels et les outils de transfert construits par le projet serviront au développement d’initiative privées ou publiques de Services climatiques. Le projet CLIM-RUN offrira également des opportunités de formation pratique au niveau doctoral et post-doctoral, à travers de nombreuses disciplines, sur la modélisation et l’évaluation du climat régional, les méthodes statistiques avancées, les applications pour l’énergie et le tourisme, le data-mining. Le projet s’attache à faire émerger une nouvelle expertise professionnelle à l’interface entre les sciences du climat et leur prise en compte dans les stratégies locales.

Enfin, CLIM-RUN doit encourager la création d’un forum méditerranéen du climat pour faire le lien entre les rives, entre l’Europe et l’Afrique. Et pourquoi ne pas rêver de voir émerger au sein de cette communauté méditerranéenne des réponses à la crise économique globale ?

La science au service des utilisateurs : progrès de la recherche, plateformes utilisateurs…

Un cadre mondial pour les services climatiques

Fin octobre 2012 a été adopté sous l’égide de l’OMM le premier cadre de gouvernance mondiale sur les services climatiques.

<Plus d’informations>

Des interfaces entre science et usagers : l’exemple du portail français DRIAS

Le portail Drias, les futurs du climat met à disposition des projections climatiques régionalisées produites par les laboratoires français. TEC est membre du comité des utilisateurs.

<Plus d’informations>

Des prévisions saisonnières performantes pour mieux gérer les risques climatiques à court terme: le projet EUPORIAS

Ce projet européen auquel participe TEC vient d’être lancé à Barcelone début novembre. Il entend contribuer à améliorer les prévisions saisonnières pour mieux servir les utilisateurs finaux.

<Plus d’informations>

Prudence  !

Un article de Nature nous rappelle les limites des projections climatiques régionalisées dans le cadre des services climatiques.

<Plus d’informations>

Toujours plus de plateformes

La WEB Bilbliothèque climat du Réseau Action Climat France (RAC-F)  met à votre disposition une compilation des rapports, études et articles de références sur la science climatique   <Plus d’informations>

L’ONERC, avec l’aide du GIS Climat Environnement et Société propose une base de données rassemblant des informations sur les projets de recherche portant sur les impacts du CC et l’adaptation <Plus d’informations>

La plateforme européenne d’adaptation au CC CLIMATE-ADAPT fournit de nombreuses ressources pour les utilisateurs sur les données climatiques, les vulnérabilités et les outils d’adaptation au CC <Plus d’informations>

Interview : le virage d’Emilie Le Fur

Après avoir travaillé pendant 10 ans dans l’industrie automobile et fait 10 fois le tour de la planète, Emilie Le Fur plaque tout et décide de suivre ses convictions ! Récit

Effectivement, je tente un virage professionnel certes important, mais réfléchi depuis 7 ans et basé sur des valeurs personnelles. Une sorte de retour à mes racines ardennaises. Professionnellement, j’ai eu envie d’être utile à la société, de lutter contre la crise écologique, et de contribuer à atténuer le changement climatique et à s’y adapter. Au niveau personnel, ma vie ne change pas tant que cela puisque je m’attèle depuis déjà quelques années à réduire de plus en plus mes émissions de GES et mon empreinte écologique.

Parlez nous de votre vie d’avant…

J’ai toujours adoré la vitesse, la performance sportive, et la technologie. Alors, même si j’étais toujours la petite fille amoureuse de sa forêt qui allait sensibiliser le voisinage sur le respect de l’environnement, devenir pilote d’avion ou ingénieure en compétition automobile était une voie évidente. Des métiers bien reconnus socialement !

De plus, à l’époque, je n’avais pas conscience du changement climatique et j’avais une vision partielle de la crise écologique.  Naïvement, j’imaginais pouvoir travailler à l’innovation, contribuer à diminuer l’impact environnemental des véhicules, tester des solutions applicables par la suite sur les véhicules de série…

…tout en m’amusant. Car ma vie était passionnante. Dans le cadre de mon activité professionnelle, le championnat du monde des rallyes, j’ai traversé des pays magnifiques, rencontré de belles personnes et découvert des cultures différentes et enrichissantes. J’ai eu aussi la satisfaction d’apprendre à travailler en équipe.

En 2004, je me suis intéressée à l’écologie industrielle et à l’éco-conception. Ensuite, avec  le cumul des connaissances et la disparition des freins, que j’avais imaginés,  j’ai eu envie que mon cœur de métier deviennent le changement climatique en liaison bien sûr avec la crise écologique, et les enjeux énergétiques et sociaux.


Pourquoi avoir choisi de tout arrêter? Votre impact climat a-t-il été un facteur décisif ?

Je n’ai pas choisi de tout arrêter, car j’espère bien mettre ma double compétence à profit et un jour travailler à réduire l’impact environnemental et climatique des transports et des loisirs. Si j’ai eu besoin de ‘lâcher-prise’ avec le monde de l’automobile pour renforcer mes compétences en climat et en développement durable, je suis de nouveau en réflexion  sur l’énergie, les ressources et les transports du futur.

Mon impact climat personnel était déjà bas et cela depuis assez longtemps. L’impact professionnel direct n’a pas non plus été un facteur décisif (bilan carbone du sport automobile bien inférieur à d’autres sports), d’autant que je m’employais à informer, sensibiliser et agir au sein de l’équipe ;  je pense d’ailleurs qu’il est nécessaire que des écologistes travaillent dans tous les corps de métiers.

Indirectement et symboliquement par contre, l’impact climat de mon ancien métier est important, notamment sur les jeunes ou sur certains pays, car lors d’un rallye, on montre la voiture comme l’objet de rêves et de développement. En ce sens, j’ai eu envie de changer ma route et de montrer l’automobile sous un angle plus innovant et  à une autre place dans notre société.

En effet, il est aujourd’hui nécessaire de changer le modèle de mobilité et de loisirs.

Alors effectivement, même si j’avais une certaine utilité puisqu’il faut quelques âmes écologiques pour limiter les gaspillages et les pollutions directes, pour choisir les transports les moins impactant, ou pour militer pour compenser carbone (à défaut  et surtout pour faire prendre conscience et permettre le débat), j’ai eu envie d’exercer un métier en lien direct avec le respect de l’environnement et la maitrise de l’énergie.

De quelle manière assurez-vous à présent votre communication personnelle ? Votre « virage climat » est-il facile à faire accepter ?

En essayant de communiquer sur la prise de conscience et sur la nécessité d’agir. Pas d’une façon accusatrice, mais plutôt en faisant comprendre la responsabilité de chacun. En montrant qu’on peut changer de modèle de société et qu’on peut vivre de façon ‘décroissante’ tout en étant heureux et prospères.

En parlant des reconversions professionnelles et en espérant qu’elles soient contagieuses (un de mes amis d’école d’ingénieurs est passé de designer d’hélicoptères d’affaires à boulanger bio, un ami de lycée, conducteur de train est devenu potier, une amie ingénieure systèmes est sur la voie du maraîchage bio…). Et surtout en reprenant le problème à la base : l’orientation scolaire.

A titre personnel, j’essaie d’utiliser ma ‘petite notoriété’ dans le monde des sports mécaniques et dans certaines écoles d’ingénieurs pour sensibiliser aux enjeux actuels, pour partager mes convictions et mes expériences.

Si le virage climat est accepté de tous ?

Forcément pas. Certains trouvent insensé de quitter un domaine rémunérateur et valorisant, un métier dont beaucoup rêvent ; d’autres trouvent inconcevable et incohérent que je puisse être membre d’associations écologistes depuis 20 ans et que j’ai pu travailler avec John Kocinski, Luca Cadalora, Gilles Panizzi ou Sébastien Loeb.

Majoritairement, les personnes saluent mon courage d’avoir repris les études (alors que ce fut pour moi un plaisir immense) et acceptent complètement l’idée de reconversion professionnelle. Malheureusement, nombreux sont ceux qui ne voient pas encore la nécessité de s’engager pour atténuer le changement climatique et s’y adapter.

Le travail ne manque pas !

Quels sont vos projets pour le climat ?

–      Au niveau perso…

Je suis déjà à un niveau bas à tous les niveaux (transports, alimentation, logement…) puisque j’analyse toutes mes actions pour une amélioration continue. Mes prochaines actions concernent les produits de l’habitat (électroménager, meubles…) : penser récupération-réparation, troc… avant de penser ‘neuf et esthétique’. Quelques projets : me confectionner une remorque à atteler à mon vieux vélo, ou en trouver une sur une brocante ! ; avoir le potager et le verger les plus fournis possibles… pour manger local, bio et de saison.

Après la vie quotidienne, mon autre action personnelle est de partager tout ce que j’ai appris. Si la personne est concernée, on peut échanger idées et bonnes pratiques ; si elle ne l’est pas, je plante en douceur une petite graine qui germera peut-être lors d’une discussion avec une autre personne. Et cela fonctionne.

J’essaie aussi d’utiliser au maximum mon pouvoir de consommatrice : boycotter les entreprises irresponsables, montrer mes choix et faire agir. L’an passé, l’appartement que je louais était  une passoire énergétique ; grâce à mon action et l’accord du propriétaire, l’appartement a aujourd’hui un diagnostic énergétique tout à fait acceptable. Un projet : vivre dans une maison passive rénovée écologiquement.

–      Au niveau prof…

Je cherche le travail qui aura le plus d’impact possible sur la crise écologique, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Dans le cadre de ma reconversion professionnelle et le mastère spécialisé en gestion du développement durable et du changement climatique (MSGDDCC) que j’ai suivi, j’ai eu l’opportunité de travailler sur l’étude du potentiel de relance de l’hydroélectricité, sur l’atténuation au changement climatique (campagne 10 :10 lancée en France par GoodPlanet), et sur l’adaptation de la forêt au changement climatique (projet européen ADAPTACLIMA).

–      Au niveau action sociale…

Je cherche aussi à m’investir dans les associations qui ont ces mêmes objectifs. Je suis d’ailleurs membre ‘passive’ du WWF et de Greenpeace depuis 20 ans, et j’étais membre active du groupe ‘déchets’ de l’association des Amis de la Vallée de la Bièvres (mon ancien lieu de vie). Je participe à de nombreux congrès, événements et ateliers de travail (FNE, SMF, GIS Environnement Climat, IDDRI, NSS Dialogues, Ville Post Carbone, ACCLIMAT, CLIMFOUREL , OREE…). Enfin, je viens d’intégrer le RAC-F pour devenir une membre active et espérer mettre à profit mes connaissances.

Avec des anciens élèves de ma promo de mastère spécialisé en gestion du développement durable et du changement climatique, nous avons crée une association dont le but est de s’enrichir les uns les autres, d’agir, mais aussi de fédérer et de sensibiliser aux enjeux du développement durable et du changement climatique (tout en se liant aux associations spécialisées pour espérer les renforcer et favoriser l’interdisciplinarité et la complémentarité plutôt que la concurrence ou la redondance).

Bien sûr, je fais partie d’une AMAP. Mon  prochain projet est de créer un pédibus et/ou un cyclobus dans mon prochain lieu de vie.