Edito n°3 – la communication et le climat

Communiquer sur le climat : une tâche qui s’avère plus que jamais nécessaire mais tout aussi redoutable. A l’heure où le changement climatique fait consensus au sein de la grande majorité des scientifiques et politiques, il reste encore beaucoup à faire pour favoriser le passage à l’acte.

Communiquer sur le climat c’est évidemment traiter le problème des climato-sceptiques. Ceux-ci utilisent des modes d’action proches de la rumeur et le fait qu’il est évidemment difficile de parler de questions scientifiques complexes et nuancées à la télévision ou lors d’un dîner en ville. La communauté des climatologues, peut préparée à une telle exposition, a dû d’adapter.

Mais communiquer sur le climat c’est aussi informer sur les solutions et sur « le monde de demain ». Comment faire ? Faut-il faire œuvre de pédagogie et culpabiliser, au risque d’ennuyer ? Faire peur ou faire rire, détourner des modes de communication qui marchent au profit d’une bonne cause ? Les approches sont particulièrement créatives, contrastées… et parfois surprenantes. Ce numéro vous présente un échantillon des bonnes pratiques mais aussi des controverses récentes sur le sujet.

Il reste qu’en la matière si l’on sait ce qui ne marche pas, on n’a pas encore tout à fait trouvé ce qui marche. Dans le brouhaha actuel, l’approche de scientifiques comme Jean Jouzel qui, loin de l’intellectualisme, restent dans leur rôle, s’en tiennent aux faits et d’une certaine manière parviennent à ralentir la machine médiatique, a quelque chose de rassurant.

Interview : le virage d’Emilie Le Fur

Après avoir travaillé pendant 10 ans dans l’industrie automobile et fait 10 fois le tour de la planète, Emilie Le Fur plaque tout et décide de suivre ses convictions ! Récit

Effectivement, je tente un virage professionnel certes important, mais réfléchi depuis 7 ans et basé sur des valeurs personnelles. Une sorte de retour à mes racines ardennaises. Professionnellement, j’ai eu envie d’être utile à la société, de lutter contre la crise écologique, et de contribuer à atténuer le changement climatique et à s’y adapter. Au niveau personnel, ma vie ne change pas tant que cela puisque je m’attèle depuis déjà quelques années à réduire de plus en plus mes émissions de GES et mon empreinte écologique.

Parlez nous de votre vie d’avant…

J’ai toujours adoré la vitesse, la performance sportive, et la technologie. Alors, même si j’étais toujours la petite fille amoureuse de sa forêt qui allait sensibiliser le voisinage sur le respect de l’environnement, devenir pilote d’avion ou ingénieure en compétition automobile était une voie évidente. Des métiers bien reconnus socialement !

De plus, à l’époque, je n’avais pas conscience du changement climatique et j’avais une vision partielle de la crise écologique.  Naïvement, j’imaginais pouvoir travailler à l’innovation, contribuer à diminuer l’impact environnemental des véhicules, tester des solutions applicables par la suite sur les véhicules de série…

…tout en m’amusant. Car ma vie était passionnante. Dans le cadre de mon activité professionnelle, le championnat du monde des rallyes, j’ai traversé des pays magnifiques, rencontré de belles personnes et découvert des cultures différentes et enrichissantes. J’ai eu aussi la satisfaction d’apprendre à travailler en équipe.

En 2004, je me suis intéressée à l’écologie industrielle et à l’éco-conception. Ensuite, avec  le cumul des connaissances et la disparition des freins, que j’avais imaginés,  j’ai eu envie que mon cœur de métier deviennent le changement climatique en liaison bien sûr avec la crise écologique, et les enjeux énergétiques et sociaux.


Pourquoi avoir choisi de tout arrêter? Votre impact climat a-t-il été un facteur décisif ?

Je n’ai pas choisi de tout arrêter, car j’espère bien mettre ma double compétence à profit et un jour travailler à réduire l’impact environnemental et climatique des transports et des loisirs. Si j’ai eu besoin de ‘lâcher-prise’ avec le monde de l’automobile pour renforcer mes compétences en climat et en développement durable, je suis de nouveau en réflexion  sur l’énergie, les ressources et les transports du futur.

Mon impact climat personnel était déjà bas et cela depuis assez longtemps. L’impact professionnel direct n’a pas non plus été un facteur décisif (bilan carbone du sport automobile bien inférieur à d’autres sports), d’autant que je m’employais à informer, sensibiliser et agir au sein de l’équipe ;  je pense d’ailleurs qu’il est nécessaire que des écologistes travaillent dans tous les corps de métiers.

Indirectement et symboliquement par contre, l’impact climat de mon ancien métier est important, notamment sur les jeunes ou sur certains pays, car lors d’un rallye, on montre la voiture comme l’objet de rêves et de développement. En ce sens, j’ai eu envie de changer ma route et de montrer l’automobile sous un angle plus innovant et  à une autre place dans notre société.

En effet, il est aujourd’hui nécessaire de changer le modèle de mobilité et de loisirs.

Alors effectivement, même si j’avais une certaine utilité puisqu’il faut quelques âmes écologiques pour limiter les gaspillages et les pollutions directes, pour choisir les transports les moins impactant, ou pour militer pour compenser carbone (à défaut  et surtout pour faire prendre conscience et permettre le débat), j’ai eu envie d’exercer un métier en lien direct avec le respect de l’environnement et la maitrise de l’énergie.

De quelle manière assurez-vous à présent votre communication personnelle ? Votre « virage climat » est-il facile à faire accepter ?

En essayant de communiquer sur la prise de conscience et sur la nécessité d’agir. Pas d’une façon accusatrice, mais plutôt en faisant comprendre la responsabilité de chacun. En montrant qu’on peut changer de modèle de société et qu’on peut vivre de façon ‘décroissante’ tout en étant heureux et prospères.

En parlant des reconversions professionnelles et en espérant qu’elles soient contagieuses (un de mes amis d’école d’ingénieurs est passé de designer d’hélicoptères d’affaires à boulanger bio, un ami de lycée, conducteur de train est devenu potier, une amie ingénieure systèmes est sur la voie du maraîchage bio…). Et surtout en reprenant le problème à la base : l’orientation scolaire.

A titre personnel, j’essaie d’utiliser ma ‘petite notoriété’ dans le monde des sports mécaniques et dans certaines écoles d’ingénieurs pour sensibiliser aux enjeux actuels, pour partager mes convictions et mes expériences.

Si le virage climat est accepté de tous ?

Forcément pas. Certains trouvent insensé de quitter un domaine rémunérateur et valorisant, un métier dont beaucoup rêvent ; d’autres trouvent inconcevable et incohérent que je puisse être membre d’associations écologistes depuis 20 ans et que j’ai pu travailler avec John Kocinski, Luca Cadalora, Gilles Panizzi ou Sébastien Loeb.

Majoritairement, les personnes saluent mon courage d’avoir repris les études (alors que ce fut pour moi un plaisir immense) et acceptent complètement l’idée de reconversion professionnelle. Malheureusement, nombreux sont ceux qui ne voient pas encore la nécessité de s’engager pour atténuer le changement climatique et s’y adapter.

Le travail ne manque pas !

Quels sont vos projets pour le climat ?

–      Au niveau perso…

Je suis déjà à un niveau bas à tous les niveaux (transports, alimentation, logement…) puisque j’analyse toutes mes actions pour une amélioration continue. Mes prochaines actions concernent les produits de l’habitat (électroménager, meubles…) : penser récupération-réparation, troc… avant de penser ‘neuf et esthétique’. Quelques projets : me confectionner une remorque à atteler à mon vieux vélo, ou en trouver une sur une brocante ! ; avoir le potager et le verger les plus fournis possibles… pour manger local, bio et de saison.

Après la vie quotidienne, mon autre action personnelle est de partager tout ce que j’ai appris. Si la personne est concernée, on peut échanger idées et bonnes pratiques ; si elle ne l’est pas, je plante en douceur une petite graine qui germera peut-être lors d’une discussion avec une autre personne. Et cela fonctionne.

J’essaie aussi d’utiliser au maximum mon pouvoir de consommatrice : boycotter les entreprises irresponsables, montrer mes choix et faire agir. L’an passé, l’appartement que je louais était  une passoire énergétique ; grâce à mon action et l’accord du propriétaire, l’appartement a aujourd’hui un diagnostic énergétique tout à fait acceptable. Un projet : vivre dans une maison passive rénovée écologiquement.

–      Au niveau prof…

Je cherche le travail qui aura le plus d’impact possible sur la crise écologique, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Dans le cadre de ma reconversion professionnelle et le mastère spécialisé en gestion du développement durable et du changement climatique (MSGDDCC) que j’ai suivi, j’ai eu l’opportunité de travailler sur l’étude du potentiel de relance de l’hydroélectricité, sur l’atténuation au changement climatique (campagne 10 :10 lancée en France par GoodPlanet), et sur l’adaptation de la forêt au changement climatique (projet européen ADAPTACLIMA).

–      Au niveau action sociale…

Je cherche aussi à m’investir dans les associations qui ont ces mêmes objectifs. Je suis d’ailleurs membre ‘passive’ du WWF et de Greenpeace depuis 20 ans, et j’étais membre active du groupe ‘déchets’ de l’association des Amis de la Vallée de la Bièvres (mon ancien lieu de vie). Je participe à de nombreux congrès, événements et ateliers de travail (FNE, SMF, GIS Environnement Climat, IDDRI, NSS Dialogues, Ville Post Carbone, ACCLIMAT, CLIMFOUREL , OREE…). Enfin, je viens d’intégrer le RAC-F pour devenir une membre active et espérer mettre à profit mes connaissances.

Avec des anciens élèves de ma promo de mastère spécialisé en gestion du développement durable et du changement climatique, nous avons crée une association dont le but est de s’enrichir les uns les autres, d’agir, mais aussi de fédérer et de sensibiliser aux enjeux du développement durable et du changement climatique (tout en se liant aux associations spécialisées pour espérer les renforcer et favoriser l’interdisciplinarité et la complémentarité plutôt que la concurrence ou la redondance).

Bien sûr, je fais partie d’une AMAP. Mon  prochain projet est de créer un pédibus et/ou un cyclobus dans mon prochain lieu de vie.

Controverses climatiques et médiatisation : la fin du règne des climato-sceptiques ?

De manière surprenante, même les climato-sceptiques ont-eu des avantages : le sujet n’a jamais été autant évoqué que pendant cette période de controverse. La question qu’il a soulevée nous occupe ici aussi : les scientifiques du GIEC ont-ils aussi pour mission de communiquer ? Peut-on demander à des experts de vulgariser leur sujet de prédilection avec le risque que cette vulgarisation soit manipulable ? Ou plus simplement, comment parler de science à la télévision ?

En tout cas, être climato-sceptique n’est plus un hobby à marquer sur un CV. Depuis la déception suscitée par le sommet de Copenhague, les controverses sur le climat sont allées bon train sur cette année 2010. Retour sur un débat heureusement clos aujourd’hui.

Dans la famille climato-sceptique, on trouve des scientifiques conservateurs, familiers des lobbys industriels, d’autres qui dézinguent le GIEC parce qu’ils n’y retrouvent pas leurs conceptions du réchauffement climatique ou parce qu’ils n’y ont pas été invités, d’autres encore qui voient dans la controverse un moyen de rester en scène. Leur credo : le changement climatique n’existe pas (avec plus ou moins de nuance).

Hautement médiatisées, les attaques climato-sceptiques ont toutes été scientifiquement réfutées. Après plusieurs débats, les climatologues ont décidé d’apporter une réponse à ces attaques : réponse institutionnelle et scientifique puisque plus de 600 chercheurs ont contribué à fournir le fameux rapport de l’académie des sciences à Valérie Pécresse alors ministre de l’éducation et de la recherche. La principale conclusion du rapport confirme l‘augmentation du  réchauffement climatique et l’attribue principalement à l’augmentation du CO2 due à l’activité humaine. Voté à l’unanimité et donc par Claude Allègre en personne !

Réfuter les thèses de Claude Allègre et ses condisciples a partiellement atténué le débat. Par la suite, Météo France a également publié un argumentaire scientifique pour attester de la véracité du réchauffement climatique. Puis vint le tour de l’ONERC (observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) qui a également appuyé le rapport de l’académie des sciences. Des ONG comme le RAC (réseau Action Climat) ont apporté leur pierre à l’édifice.  La polémique autour de ces questions s’est ensuite calmée, à tel point que Claude Allègre est revenu sur certaines phrases de son livre « l’imposture climatique ».

Dans un ouvrage paru en mai 2010, Merchants of doubt, Naomi Oreskes, professeur d’histoire des sciences de la terre à l’Université de San Diego et Erik Conway, historien à la Nasa, décrivent le rôle des think-tanks américains dans la diffusion du climato-scepticisme aux Etats-Unis. «La négation du réchauffement climatique s’inscrit dans une longue tradition de lobbying, lié à des positions idéologiques et non scientifiques», souligne Naomi Oreskes.

Pour aller plus loin :

Dossier  TERRA ECO : Climato-sceptiques, comprendre et dépasser la polémique

Cycle de conférences organisées par l’ENS (compte-rendu) : « Changement climatique : des questions scientifiques aux enjeux sociétaux »

La communication dans tous ses états

Question de style

 Le changement climatique se démocratise. La sensibilisation fait son œuvre mais la question reste posée : quel est le meilleur moyen de communiquer sur ce thème, et dans quel but ? Le changement climatique a fait et fera couler beaucoup d’encre : de manière drôle, de manière discrète, à grand renfort de contre-vérité, en simplifiant, en apprenant ou en montrant.

Faire rire ou être pédagogique, choquer, manipuler, ces styles ne sont pas forcément antagonistes mais en tous cas bien présents dans l’univers médiatique.

Faire rire

La BD « death of a climate bill » de David Roberts et Thomas Pitilli propose un format ludique pour un contenu dramatique, à propos du projet de loi climat américaine de 2007.

La nouvelle campagne de Greenpeace « petrol addict » joue sur la caricature. Désopilant ou désobligeant ?

Faire comprendre

Greenpeace (encore eux) dénonce la politique énergivore de facebook à travers le dessin animé : « Facebook : Greenpeace vous invite à abandonner le charbon ». Le réseau social, qui nécessite de gros besoins de stockage et de traitement de l’information, est pour l’instant alimenté en partie par des centrales au charbon. Greenpeace a ouvert un compte facebook, qui réunit plus de 600 000 fans, afin que le réseau social se mette à fonctionner aux énergies renouvelables. J’aime ou j’aime pas ? Plus de news sur la campagne de Greenpeace.

Faire croire

Terra Eco dénonce la propagande d’Areva. Pour rafraichir l’image de son entreprise, Areva réinvente le nucléaire pour nous faire croire qu’il est bel et bien une énergie propre. Areva nous retenterait le coup de GDF et du gaz « Naturel » (en fait d’origine fossile) ?

 

Faire peur

La campagne 10 :10 britannique contre le réchauffement climatique a été déprogrammée des cinémas. Un style « gore » ( et non « Al Gore ») trop second degré ? Un clin d’œil légèrement trop appuyé au risque d’écolo-fascisme ?

Pour sensibiliser aux risques environnementaux de prendre l’avion, le réseau plane stupid envoi en l’air des ours polaires…peu consensuel.

Coups de com’: quand les bureaux d’études veulent exister

Depuis les lois Grenelle, bilans carbone et plans climat sont un nouveau marché pour les consultants. Certains bureaux d’études sont dans cette dynamique par repositionnement, d’autres à l’inverse se spécialisent dans cette branche sans réel background. Communication ou réel savoir-faire, à qui faire confiance ?

Eviter les pièges des sites web !

Idée reçue : si le site web est joli, le bureau d’étude fonctionne bien et depuis longtemps. Faux ! De vraies références, vérifiables et si possibles documentées sont sans doute un élément de jugement plus pertinent. Il arrive d’ailleurs que les cabinets les plus anciens dans le thème, aussi les plus débordés, aient les sites les plus vieillots : gare aux apparences !

S’attarder sur les CVs : les diplômes et expériences en disent long aussi sur la structure. Jeunes diplômés à forte motivation, avec une envie de faire ses preuves… mais en même temps rien ne vaut l’expérience pour donner confiance et éviter les situations de crises. L’idéal : une combinaison des deux.

Ne pas se laisser embarquer dans la communication. Une présentation sur la volonté de changer nos intentions en bonnes actions, sur la nécessité de s’adapter à la crise écologique en allant vers une nouvelle façon de penser, sur le désir de contribuer à un monde meilleur fait forcement adhérer à l’éthique mais regarder les travaux réalisés (s’il y en a plus d’un) incite parfois à redescendre sur terre.

Echos dans la presse : sur-communication ou louange mérité ?

Certains bureaux d’étude ont une bonne résonance nationale. Ces louanges sont souvent méritées lorsque ceux-ci sont issus d’un travail sérieux et de long terme. C’est le cas pour le cabinet Utopies, précurseur du conseil sur les questions de développement durable, pour cette campagne sur l’impact carbone de la finance. Joli partenariat avec les Amis de la terre, belle étude et, en prime, un ouvrage et un site web « Que font-ils de notre argent ?» : une campagne bien menée !

La question de la sur-communication se pose davantage quand le cabinet surfe sur un unique travail. Illustration avec Greeninside : ici aussi : joli coup de com’ avec « L’observatoire du bilan carbone des Français ». On attend cependant la suite…

Dans la même optique FGE carbone, issu de « France Géologie Environnement », nous propose des outils… développés par d’autres, en l’occurrence le Bilan carbone personnel de l’Ademe !

Apprendre en s’amusant

 

Pourquoi y a-t-il des saisons ? Pourquoi la vie sur Terre telle que nous la connaissons n’aurait pas été possible sans l’effet de serre naturel ? De quoi est fait le rayonnement solaire, moteur du climat ? 

Un nombre de plus en plus important d’animations web voit le jour pour informer de manière ludique et interactive. Ainsi, l’exemple de Saga science informe sur le climat et permet à petits et grands de tout comprendre facilement sur le climat de la Terre. Une vraie trouvaille de pédagogie pour le CNRS qui communique sur ces thèmes de travail tout en restant accessible à tous. Sans oublier le joli livre de Magali Bardou et Judith Raoul-Duval « Ça va chauffer ! »

Un autre site issu de la même branche est celui de Climcity. Moins interactif et plus descriptif ce site reste quand même un exemple de simplicité d’accès pour tous, sur des sujets parfois complexes.

Bilan : les flops et les tops de la communication sur le changement climatique

Le sircome, site de réflexion sur la communication environnementale, présente deux guides de communication écrit par Futerra sur la manière de communiquer sur le changement climatique. Ne pas faire peur, ne pas culpabiliser, rendre les gens responsables… gros plan !

En tête de classement des erreurs de communication figure la peur, fréquemment exploitée via des registres alarmistes, catastrophistes et dramatiques. Futerra nous explique, dans son guide « Rules of the game », que faire peur génère un sentiment d’impuissance et de distance conduisant à l’apathie. De même, lier la survie humaine au défi climatique est hasardeux : l’instinct humain de fuite ou de combat est programmé pour faire face à des dangers immédiats, pas à des menaces aussi diffuses, incertaines et échelonnées dans le temps comme le changement climatique. En réalité, si la peur peut servir à capter l’attention du public, elle doit toujours être employée avec circonspection et, surtout, ne jamais être dissociée d’une solution positive ou d’un organisme compétent vers lesquels se tourner.

Futerra fournit un certain nombre de clés pour sensibiliser efficacement le public auquel on s’adresse. Retenir son attention avant de le convaincre, faire en sorte que les politiques et infrastructures soient cohérente avec le message transmis ou encore communiquer de manière originale par exemple à travers l’image du héros ordinaire.

Dans son second guide « New Rules : New Game », Futerra développe les techniques de communication les plus appropriées pour changer les comportements face au changement climatique.

Chercher à toucher la part individuelle de chacun pour changer les comportements du plus grand nombre, impliquer et donner confiance aux individus, formuler un message clair pour être facilement compris et que chacun puisse facilement apporter sa contribution…tout un programme !

Carré rose…

Le porno qui sensibilise aux effets du changement climatique…

Sexe et climat font-ils bon ménage ? Sensibilise-t-on mieux sur le réchauffement climatique en se réappropriant les bonnes vieilles recettes ? En tous cas, ça nous fait rire !

Le site web FFF, Fuck for Forest propose de communiquer sur la nature dans le porno, voir d’inscrire le porno dans la nature ou d’affecter les revenus des films à la protection des forêts… concept flou mais images nettes.

La marque de lingerie Intimissimi a lancé une campagne destinée à recycler les sous-vêtements usagés pour en faire…des panneaux isolants. En effet, les soutiens-gorges représenteraient un véritable casse-tête du point de vue du recyclage.

Le meilleur du genre est bien lorsque les dialogues des films pornos sont sur la crise écologique et le changement climatique. Quand un plombier intervient à domicile chez une jeune femme ayant à cœur d’économiser l’eau, ils parlent bien sûr … des problèmes de sécheresse qui ne vont pas aller en s’arrangeant. Illustration de communication grâce au porno moral.

Mais le plus chouette, c’est lorsque les dialogues sont gardés et les images sont modifiées. Tout en finesse. Merci Greenpeace !

Toujours plus de liens

La consommation et les politiques d’atténuations, attraits et limites en vidéo

Dans le cadre du ‘Séminaire développement durable et économie de l’environnement’ Jean-Paul Céron et Ghislain Dubois présentaient une conférence sur le thème ‘Consommation et politiques d’atténuation : attrait et limites’. Un petit cours de quelques minutes pour tout comprendre.

Les Anglais font des bulles de savon pour aider les climatologues

L’office météorologique britannique, le « Met office », demande aux Anglais de faire des bulles de savon, parmi d’autres expériences, pour l’aider à mesurer le changement climatique. L’étude, fort sérieuse, appelle les Anglais à suivre les bulles de savon pour détecter la direction et la force du vent, mais aussi à observer les traînées d’avions -qui ont un impact réchauffant sur le climat- et à rapporter leurs sensations de froid ou de chaleur. Loin d’être anecdotiques, ces observations vont servir à confirmer ou non les calculs des ordinateurs du Met Office, qui tentent de caractériser les phénomènes à l’origine du changement climatique.

« Tous ces aspects sont très difficiles à mesurer et à analyser avec nos instruments standard, et ces nouvelles données vont nous en apprendre un peu plus« , a expliqué Mark McCarthy, climatologue au Met Office. « Par exemple, pour les trainées des avions, nous voulons savoir si les modèles climatiques sont capables de prévoir leur formation« . Le carburant brûlé par les avions forme de la vapeur d’eau, qui se condense sous l’effet du froid. Ces nuages empêchent les radiations du soleil qui chauffent la terre de repartir dans la haute atmosphère, ajoutant à l’effet de serre qui réchauffe la planète… Quel rapport avec les bulles de savon ? Mystère…

L’étude demande aussi aux apprentis climatologues de noter s’ils ont chaud ou froid pour mieux comprendre comment le changement climatique nous affecte. La perception de la température est en effet hautement subjective: un Finlandais résistera mieux qu’un Espagnol à un temps glacial, et inversement la canicule de 2003 a été ressentie plus cruellement en France, moins préparée que les pays du Sud aux fortes chaleurs.

Le scientifique en herbe rapportera ses observations et pourra envoyer ses photos sur un site dédie (www.opalexplorenature.org). Le « Met » attend plusieurs milliers de réponses. 40.000 packs comprenant des carnets d’observation ont été distribués dans les écoles et les associations.

L’appel au public est extrêmement répandu en Grande-Bretagne, aussi bien pour observer les oiseaux, les espèces de papillon ou d’insectes menacés que pour aider l’office météorologique dans ses relevés.

Les Nations-unies demandent de l’aide à Hollywood sur le climat

On connait l’engagement de George Clooney pour le Darfour, celui de Leonardo Dicaprio pour les tigres ou le rôle d’ambassadrice pour le Haut commissariat aux refugiés d’Angelina Jolie. Les Nations-unies aimeraient maintenant que des stars hollywoodiennes s’engagent en faveur du climat. Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unis a rencontré des réalisateurs, scénaristes et acteurs pour leur suggérer des sujets d’inspiration.

 «D’habitude je parle a des ministres ou a des présidents, mais cela a ses limites», a déclaré Ban Ki-moon en marge du «Global Creative Forum» destine à donner des pistes de réflexion a ceux qui font les films vus dans le monde entier. Avec des rencontres autour de thèmes tels que «Rendre le réchauffement climatique sexy» ou «Les Nations unies et Hollywood pour une planète plus verte», et la visite de plusieurs «vedettes» du climat comme le président du Giec (Groupement intergouvernemental d’experts) Rajendra Pachauri, les Nations-unies veulent convaincre Hollywood de l’urgence à agir. «J’ai vu les conséquences du réchauffement de l’Antarctique sur la forêt amazonienne et au lac Tchad, a insisté Ban Ki-moon. Je suis sûr qu’Hollywood peut faire de bonnes histoires à partir de ça.»

Une idée de AIR (merci au WWF Med Po qui nous l’a soufflée) : faire du product-placement écolo dans les grandes productions !

Les Brits ne goûtent pas à la « carbon com »

 

Selon un sondage relayé par carbontrust  seuls 7 % des Britanniques croient à la communication climatique des entreprises. Les deux tiers expriment de sérieux doutes sur la réalité des engagements annoncés. En revanche, neuf sujets de sa Majesté sur dix veulent qu’elles soient obligées de réduire de 3 % par an leurs rejets de GES, seule façon de diviser par quatre l’empreinte carbone du royaume d’ici à 2050.

Ces problèmes de riches

André Gide a écrit: « Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions. » Pourtant, il arrive à certains d’avoir des problèmes quasi insolubles, d’après eux…  Retour sur cette jolie campagne virale (appuyée par les hypermarchés Leclerc[ML1] )

http://www.ecotidien.fr/2011/02/ces-problemes-de-riches/

1/ “L’herbe des terrains de golf n’est pas assez verte en France”. Daniel a bientôt 50 ans, il vit à Dreux et il a une passion dans la vie: le golf. Cette passion est aussi une cause de souffrance: il doit passer ses week-ends à Londres, où d’après lui, les terrains de golf sont en meilleur état, à cause du ou grâce au climat.

2/ “La femme de ménage est nulle”. Véronique est mère de famille et chef de service dans une clinique privée. Elle vit dans le Sud de la France. “J’ai de nombreuses et lourdes responsabilités, pas le temps de m’occuper du ménage par exemple. Alors je fais appel à des agences, mais leurs intervenantes sont toutes plus nulles les unes que les autres; à 30 euros de l’heure, on pourrait s’attendre à ce que le travail soit bien fait. Ce n’est pas sorcier de laver par terre une cuisine et de ranger un peu les chambres des enfants, tout de même !”

3/ “Mon compte d’épargne est plafonné”. Pour Anne-Sophie, 44 ans, de Neuilly-sur-Seine, le problème vient se son compte bancaire. En cause ? Non pas un découvert ou des agios, mais les plafonds. “J’ai un PEL, un CEL, un compte d’épargne, et tous sont plafonnés, je ne sais plus quoi faire de mes économies… La banque me dit d’acheter un bien immobilier, mais je n’ai pas envie, je n’en ai pas besoin. Je vais encore ouvrir un autre compte mais franchement, c’est pénible…”

4/ “J’ai peur que les gens m’aiment pour mon argent » et encore d’autres problèmes triviaux !


 [ML1]C’est vrai, cf lien